Chaque semaine, je partage mes connaissances et mon intérêt pour l'aménagement et l'urbanisme sur mon blog " Des territoires et des hommes " , bon surf.
Cet automne, la chaîne ARTE vous propose de visiter des sites témoins des rêves brisés du XXème siècle grâce à une série de documentaires à ne pas rater. La série "Ruines modernes" vous présente la vie de différentes utopies urbaines à travers 5 cités construites au XXème siècle. On découvre l'origine et l'espoir suscité par ces cités mais aussi les conséquences des évolutions socio-économiques sur ces modèles urbains souvent monofonctionnels . Cette série documentaire possède une approche historique, socio-économique et urbanistique passionnante.
Le collectif national des jeunes urbanistes de France vient de mettre en place un annuaire professionnel pour les urbanistes de France. Urbanistes professionnels et/ou diplômés en urbanisme, vous pouvez vous inscrire: Annuaire du CNJU
Initié en 2004, le projet d'extension .bzh deviendra une réalité dans les prochains mois : l'ICANN qui gère les noms de domaine sur Internet au niveau international vient en effet de donner son feu vert au dossier de candidature déposé en juin 2012.
Ce résultat qui couronne le long travail mené par l'association www.bzh, porteuse du projet, a été rendu possible grâce à votre soutien qui nous a permis de mettre en avant une forte adhésion populaire dès les premières étapes de notre candidature.
Soyez-en chaleureusement remerciés !
Nous associons à ces remerciements tous les représentants bretons qui ont appuyé le projet à l’échelle régionale, nationale et internationale : élus de tous bords, institutions représentatives du monde culturel et linguistique breton, acteurs du développement économique et international de la Bretagne.
Forts de ces soutiens, le projet a pu se concrétiser grâce à l’aide de la Région Bretagne et à l’accompagne-ment assuré par l’AFNIC, association gestionnaire du .fr.
L’extension .bzh (dont le calendrier d’arrivée sur la Toile dépendra notamment du temps nécessaire aux paramétrages techniques prévus avec l’ICANN) s'adressera de manière ouverte à toute personne, physique ou morale, résidente dans l'un des cinq départements bretons, mais également à tous ceux qui, à travers le monde, sont attachés à promouvoir sur Internet la culture bretonne au sens large et les langues de Bretagne.
C'est donc une page nouvelle qui s'ouvre sur internet pour une Bretagne forte de son identité, vivante, ouverte et créatrice. Nous attendons avec impatience de l’écrire avec vous !
"Hep dec'h na warc'hoazh, hiriv ne dalv netra" - Sans hier ni demain, aujourd'hui ne vaut rienPierre-Jakez Hélias
Dans les régions rurales, le bocage est un élément structurant du territoire. Depuis quelques années et sous l'impulsion de politiques de développement durable et de préservation des paysages et de la faune, de nombreux projets de plantation de haies ont vu le jour dans nos campagnes. C'est ce sujet que j'ai décidé de vous faire partager cette semaine.
Bocage en Loire-Atlantique
Histoire et état des lieux
Le bocage est un type de paysage agraire, en opposition au paysage d'openfield. Il est le résultat d'une conjugaison, celle de la nature et de la société rurale.
L'origine du bocage remonte à la période "prototype" de l'histoire de l'occident et se développe rapidement à partir du XVIIIe, conséquence de la fin des domaines nobiliaires et du partage des communaux et des grands domaines.
Le territoire français est composé de différents bocages. Chaque bocage possède son histoire et ses caractéristiques propres. Les grandes régions bocagères françaises sont le grand ouest (Bretagne, Normandie et Pays de la Loire), le Limousin, Le Bourbonnais, la Thiérache et le Pays Basque. Des zones de bocage peuvent toutefois se rencontrer dans d'autres régions.
Au XXe, la mécanisation des exploitations agricoles va bouleverser l'existence de ces bocages. L'apparition des tracteurs, des grandes machines et la nécessité d'agrandir les parcelles pour faciliter l'accès et les manoeuvres de ces engins agricoles dans les champs, vont être la cause de la destruction de nombreuses haies.
1940 - La mécanisation agricole en Bretagne
Aujourd'hui se sont d'autres préoccupations qui poussent les communes à financer des programmes de réhabilitation du bocage par des actions de plantation. Si à l'origine les haies sont plantées pour délimiter les propriétés agricoles et pour contenir les bêtes, nos contemporains lui portent d'autres vertus, notamment en faveur de la biodiversité mais aussi pour lutter contre l'érosion des sols et la pollution.
Pourquoi préserver le bocage ?
Les intérêts des talus et des haies sont multiples et l'on peut identifier plusieurs fonctions au bocage:
la régulation du climat, la régulation hydraulique, la conservation des sols, une fonction de production, l'amélioration du cadre de vie et le maintien d'équilibre interspécifique.
Le bocage et notamment les haies qui le composent, joue un rôle de régulateur microclimatique. L'été, les haies offrent de l’ombre et son évapotranspiration augmente la sensation de fraîcheur ce qui restitue une formation plus durable de la rosée. Du printemps à l'automne, les haies captent la chaleur et la redistribuent progressivement. Enfin, l'hiver et pendant les nuits, les haies permettent de réduire les sensations de froid en limitant les vents. En effet, une haie de 1 m de haut peut protéger du vent les 10 m de sols suivants celle-ci.
Le bocage possède aussi des avantages en matière de préservation des sols en réduisant le ruissellement des eaux lors des pluies et diminuant la force du vent, il permet de ralentir l'érosion des sols.
De plus, son action sur l'écoulement des eaux régule le cycle hydraulique puisqu'il facilite l'infiltration de l'eau au niveau des racines et contribue ainsi à l'alimentation des nappes phréatiques. De ce fait, le bocage limite les risques de sécheresse et d'inondation.
Circulation de l'eau et contrôle de l'érosion dans un paysage de bocage - d'après CERESA 1987
Quelles actions mettre en place ?
Aujourd'hui, il existe plusieurs façons de participer au maintien et au renouvellement du bocage de nos campagnes. Les pouvoirs publics et en particulier les collectivités locales se sont mobilisées ces derniers années pour mettre en place différentes actions en faveur d'une revalorisation du bocage de leur territoire.
Ainsi, plusieurs programmes de reconstitution du bocage ont vu le jour sur nos territoires. Le plus souvent, il s'agit de programme de type "partenariat" entre le fond agricole pour le développement rural, les conseils régionaux, les conseils généraux, les agences d'Etat et les collectivités locales. Ces partenariats prennent en général en charge le financement de différents travaux tel que la création de talus, des haies, l'amélioration du potentiel hydraulique et un entretien du bocage sur un temps donné.
La France Sauvage - La Bourgogne et les secrets du bocage
Au mois de septembre la chaîne ARTE proposait une série de documentaires sur l'importance et la richesse de la nature sur notre territoire. Cette série "La France Sauvage" vous emmène, région par région, dans un voyage exceptionnel au coeur de la vie sauvage, un hymne de la biodiversité en France, à voir absolument. Je vous propose sur ce blog de visionner l'épisode "la Bourgogne et les secrets de son bocage". Un documentaire réalisé par Frédéric Febvre et Augustin Viatte.
La TLPE, une taxe en lutte contre la pollution visuelle, une aubaine en temps de crise ?
Depuis le 1er janvier 2012, les enseignes de plus de 12m² sont taxées sur la pollution visuelle liée à la publicité extérieure. Il s'agit d'une mesure incitative qui invite commerçants et entrepreneurs à limiter les excès liés à certaines enseignes de magasin.
La taxe locale sur la publicité extérieure
La taxe locale sur la publicité extérieure (TLPE) est une taxe unique qui remplace les taxes locales sur la publicité jusqu’alors applicables.
Les trois taxes locales remplacées sont :
la taxe sur la publicité frappant les affiches, réclames et enseignes lumineuses (TSA, ancien article L. 2333-6 du CGCT),
la taxe sur les emplacements publicitaires fixes (TSE, ancien article L. 2333-21 du CGCT),
la taxe sur les véhicules publicitaires.
Le régime des taxes locales sur la publicité a fait l’objet d’une refonte totale par l'article 171 de la loi de modernisation de l'économie
Une recette complémentaire pour des collectivités en recherche de financement
Aujourd'hui, nombreuses sont les collectivités qui sont à la recherche de nouvelles recettes en période de crise. La taxe locale sur la publicité extérieure vise en priorité les grandes enseignes, par conséquent le tissu de petits commerçants reste protégé. Seule les grandes enseignes sont mis à contribution, ainsi une collectivité de 100 000 habitants peut espérer obtenir une nouvelle recette fiscale d'environ 1 000 000 d'euros par an.
L'affichage publicitaire dans l'oeil du cyclone - illustration Figaro - 11/03/2011
Une taxe parfois difficile à mettre en place
En amont de la mise en place de cette taxe, la commune ou la collectivité doit réaliser un ensemble d'actions afin d'assurer une application réussie de cette mesure.
Tout d'abord, il faut savoir qu'une délibération du conseil municipale ou communautaire doit avoir lieu en amont de sa mise en place. En effet, la TLPE nécessite une délibération avant le 1er juillet de l'année N pour qu'elle soit applicable l'année N+1. Par exemple, si une collectivité décide de mettre en place cette mesure au 1er janvier 2013, une décision du conseil doit être votée avant le 1er juillet 2012.
Les nouvelles surfaces taxées via la TLPE - Illustration GOPub - 2011
Ensuite une série de tâches doit être réalisée par les agents de la collectivité si celle-ci ne fait pas appel à une société extérieure. Un diagnostic minutieux doit être effectué, photo des magasins et des emplacements publicitaires, un géoréférencement de l'ensemble de ces éléments, un calcul des surfaces taxables pour évaluer le montant à payer pour chaque enseigne. Ensuite, une campagne de communication auprès des enseignes n'est pas à négliger afin de les informer de la mise en place de cette mesure et du montant de leur prochaine redevance. Enfin, il préférable d'anticiper d'éventuels litiges et de préparer sa défense dans le cas d'un recours en justice. L'ensemble de ce travail peut-être effectué par une agence extérieure.
Exemple: la commune de La Mézière
La commune de La Mézière près de Rennes en Ille-et-Vilaine se prépare à mettre en place cette taxe. Un article du quotidien Ouest-France daté du 1er juin 2012, nous offre un aperçu de cette application. ( consulter l'article )
Détroit - Quand l'agriculture s'approprie la ville...
Autrefois capitale de l'industrie automobile Américaine, Détroit se réinvente aujourd'hui et voit apparaître, ces dernières années, sur ses friches industrielles et immobilières, l'émergence d'une nouvelle génération d'urbainculteur. Voici le sujet que je vous propose cette semaine.
Détroit, ancienne capitale Industrielle
Détroit située au Nord des Etat-Unis et principale ville de l'Etat du Michigan, comptait 713 777 habitants en 2010 contre 1 849 568 habitants dans les années 50. Cette diminution démographique est la conséquence directe du déclin industriel de la ville amorcé à la fin des années 60.
Longtemps, l'une des villes les plus prospère des Etats-Unis grâce notamment à l'effervescence de l'industrie automobile au début du XXème siècle, Détroit est aujourd'hui confrontée au départ de sa population et à une augmentation croissante des friches industrielles et des quartiers résidentiels à l'abandon. La municipalité de Détroit va connaître de grandes difficultés financières dans les années 90 et être dans l'incapacité d'inverser la tendance.
Aujourd'hui, les finances de nouveau au vert et une industrie automobile épaulée par l'Etat fédéral permettent à la ville de relever la tête et de penser à nouveau à l'avenir.
De son côté, la population de Détroit tente de contrer ce déclin par une reconquête de ses espaces abandonnés, autrefois lieu de l'industrie ou résidence des ouvriers, pour les mettre à la disposition de l'agriculture urbaine.
Quartier Est, Detroit, 2008, photo de J.Griffioen
Urbainculteur dans la ville de Detroit, 2012, photo de G.Roden
L'urban ferming, un projet durable ?
Depuis 2003, de nombreuses associations ont vu le jour à Détroit; leur objectif commun le développement de l'agriculture urbaine à Détroit. Pour réussir ce projet et mettre toutes les forces en commun, ces associations se sont regroupées sous le collectif "Garden ressources".
Aujourd'hui, le collectif gère près de 800 jardins répartis dans toute la ville, principalement dans des zones résidentielles et de friches industrielles. L'objectif du collectif est de pallier aux difficultés sociales rencontrées par la population en restituant du lien social et une activité pour les plus démunis, dans une ville touchée de plein fouet par les plans de restructuration de l'industrie automobile. Pour cela, les associations de ce collectif dispensent des cours de jardinage et distribuent des semences en échange d'une cotisation annuelle d'environ dix dollars.
A la suite de son déclin, Détroit est devenue un désert alimentaire. En 2010, on pouvait compter 5 épiceries et le dernier supermarché venait de fermer ses portes. Se nourir est devenu un véritable défi et il était plus facile de se procurer de l'alcool que des pommes de terre. Ce constat alarmant a poussé le collectif à agir dans ce secteur. Ainsi, il décide de mettre en place le "Eastern Market", un grand marché couvert destiné aux produteurs locaux de légumes et de produits frais. Cette initiative permet aux habitants d'écouler leurs récoltes et de réaliser un peu de profit grâce à leurs productions.
Ashley Atkinson responsable de l'organisation agricole "the greening of Detroit" insiste sur la nécessité d'un bénéfice pour le producteur afin de permettre un développement durable de ce projet. D'autres associations comme "Urban Farming" mettent un point d'honneur sur la condition du libre accès de leurs parcelles pour permettre à toute personne en difficulté de se nourir.
Ces initiatives associatives ne sont pas les seules, on voit apparaître dans la ville des jardins de quartier sous forme communautaire. D'autres habitants rachètent des lotissements entiers pour développer une activité agricole et en faire une profession. Récemment, le financier John Hantz a proposé à la municipalité un projet de grande exploitation agricole commerciale sur 28 hectares avec à la clef des centaines d'emplois.
Des autorités perplexes puis séduites...
Projet de John Hantz à Detroit
Aujourd'hui, la mairie tolère cette nouvelle activité économique, en proposant des baux de un an à la population. Marge Winters responsable-adjoint de l'aménagement du territoire de la ville, précise la volonté de la ville de garder la main sur ces terrains afin de les proposer à l'avenir à d'éventuels investisseurs. Cependant, les derniers projets agricoles proposés à la ville, notamment celui de John Hantz, semblent inciter la municipalité à suivre cette voie. De plus, en 2011, la Maison Blanche s'empare du sujet et décide d'encourager financièrement ce type de projet dans son plan de relance économique. Fin 2011, le département de l'agriculture offrait des bourses au collectif "Detroit Agricultural Network", qui ainsi se voit récompenser pour ses initiatives et reçoit des bourses pour ses futurs projets de la part du département national de l'agriculture. Aujourd'hui, Détroit continue sa croissance agricole et recense 1200 jardins agricoles (début 2012). Un chiffre qui va certainement encourager les autorités locales à soutenir ce type d'initiative associative en passe de devenir une activité modèle de la ville.
Détroit a-t-elle trouvé une issue à son déclin ? Saura-t-elle reconquérir une population et reconstruire une dynamique pour enfin retrouver les chemins de la croissance? L'agriculture locale, solution du déclin industriel, l'avenir seul nous le dira...
Urbanisme & volupté - La France pavillonnaire enchaînée de B.Kalesky et E.Poënces
Pour ce week-end qui s'annonce ensoleillé, je vous propose une petite lecture sur la planification urbaine et sa règlementation parfois complexe. Bon week-end à tous et bonne lecture.
Bernard Kaleski, architecte-urbaniste
Bernard Kaleski est un architecte-urbaniste né dans les années trente à Tunis. Pionnier dans le développement durable, il propose déjà dans ces travaux d'étudiant des solutions incluant les énergies renouvelables. En effet, lors de ces études en architecture il imagine une maison du soleil équipée de chauffe-eau solaires. De plus, Bernard Kalesky a toujours laissé une grande place à l'expression de la population en quête de "formes où vivre" dans ses projets. Récemment, Bernard Kaleski a fait don à la Ville de Fougères (35) de l'ensemble de ces documents de travail. Une présentation de ces principaux projets a été réalisée aux archives de Fougères en début d'année. Je vous invite donc si la curiosité vous agite, de vous rendre à ces archives municipales et de consulter ces différents travaux passionnants. Il a acquis la certitude que la compréhension des choses doit être multiple : un arc de Triomphe est aussi source de courant d'air...
Urbanisme et volupté
Cet ouvrage nous présente une méthodologie et une interprétation des règlements d'urbanisme pour réconcilier l'homme avec son cadre de vie.
Comment casser ce paradoxe qui fait que nos villes ne se développent généralement qu'à travers de ternes banlieues sous la forme de lotissements stéréotypés ? Comment renouveler les voluptés architecturales de nos citées anciennes ?
Comment adapter nos communes aux besoins de demain ?
Vous trouverez dans cet ouvrage des éléments de réponse à ces différentes problématiques.